3 Les vixoranga : objets patrimoniaux de revitalisation de la culture guaranie mbya

Auteur/ices

  • Marion Dufour Universite de Montpellier Paul Valery , Universite de Montpellier Paul Valery

Mots-clés :

ontologie animiste, épistémologie, vitalité linguistique, savoir socioculturel, guarani-mbya

Résumé

Abstract: In Rio Grande do Sul, deforestation and wildlife depletion are forcing Mbya Guarani to centre their economy on a more profitable lifestyle. Today, their main source of income is mainly from the sale of carved wooden figurines they call vixoranga. They are sold to strollers on the market, to museums that raise awareness about Native American culture among young people, governmental institutions and companies by way of compensation for the environmental damages they caused them by building highways across their territory or closing their points of sales. By investigating different fields (markets, Guarani documentaries analysis, interviews of Guarani representatives, and researchers of the federal university of Rio Grande do Sul) we highlighted that not only are vixoranga commercial objects, but also a mean for intergenerational socio-cultural transmission. They allow the Guarani to carry on their « Nhande reko» (way of being Guarani) including the cognitive schemas of their animist ontology. Although these figurines are valuable cultural vectors to pass on knowledge (terminology, myths, animal properties), know-how (craft techniques, hunting and consumption practices), and how to be Guarani (construction of a singular relationship with the animals represented), they might also be the tipping point toward the dominant naturalist ontology.

Résumé : Au Rio Grande do Sul, la déforestation et la raréfaction du gibier obligent les Guaranis Mbya à réorganiser leur économie autour du commerce d’animaux miniatures en bois sculpté appelés vixoranga. Ces figurines décoratives sont vendues sur le marché à des particuliers, aux musées qui travaillent à sensibiliser les jeunes visiteurs à la culture mbya, aux entreprises et institutions gouvernementales qui les achètent en dédommagement des préjudices causés aux Guarani (passage d’une route sur leur territoire, suppression de points de vente en raison de l’établissement d’infrastructure etc.). L’étude sociolinguistique que nous avons entreprise sur ces figurines à travers différents terrains (enquêtes sur des marchés, analyses de films documentaires faits par des Guaranis, entretiens de deux représentants guaranis, et auprès de différents chercheurs de l’université fédérale du Rio Grande do Sul s’intéressant à ces collectifs), nous a appris que bien plus que des objets commerciaux, elles constituaient des objets de transmission socioculturelle intergénérationnelle, permettant aux Guaranis de continuer à perpétuer leur « Nhande Reko » (être guarani) et les schèmes cognitifs de leur ontologie animiste qui considère une continuité entre l’intériorité et la physicalité des êtres (Descola, 2005). À la fois vecteurs de savoirs (terminologiques, mythiques, éthologiques), de savoir-faire (artisanaux, pratiques de consommation et de chasse), et de savoir-être guaranis (construction d’un rapport singulier aux êtres qu’ils représentent), ces figurines pourraient bien également constituer le point de bascule vers l’ontologie naturaliste dominante.

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Publiée

2025-07-01

Comment citer

3 Les vixoranga : objets patrimoniaux de revitalisation de la culture guaranie mbya. (2025). Langues & Discours, 2(3), 25-48. https://journals.univ-tlemcen.dz/LD/index.php/LD/article/view/4

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